Psychologie Dossier décembre 2002 : Le parfum, essence de la séduction ? ….par Odile Chabrillac

Dossier décembre 2002 : Le parfum, essence de la séduction ? ….par Odile Chabrillac

Le parfum, essence de la séduction ?

Par Odile Chabrillac – Mis à jour le 10 Avril 2013 à 11:35

Un parfum peut-il vraiment nous faire perdre la tête, nous emporter vers quelques chemins de traverse où la passion prend le pas sur la raison ? Réponses côté corps et côté esprit avec Jacques Waynberg, sexothérapeute, et Gisèle Harrus-Révidi, psychanalyste spécialiste des sens.

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Pourquoi se parfume-t-on ?

Le rôle du parfum est remarquable à trois niveaux : esthétique, hiérarchique et érogène. On a tendance à l’oublier, mais le corps est une usine chimique épouvantablement puante. Il est utile de chercher à masquer son odeur. Pourtant, en tant qu’être humain, on ne va pas se contenter de se laver : se parfumer est un acte propre à notre espèce, véritable irruption de la civilisation dans les soins du corps. Le parfum sert aussi à affirmer notre grade. S’il ne nous est plus guère possible de nous battre comme le ferait un groupe de singes, nous utilisons d’autres moyens pour affirmer notre valeur ! Des beaux bijoux pour une femme ou des voitures puissantes pour un homme…

L’odeur intervient pareillement : « Au nez, on peut avoir une idée de qui est qui », souligne Jacques Waynberg, sexothérapeute, qui rappelle, par exemple, tout le mépris qu’il y a dans le terme de « parfum de supermarché »… Enfin, le parfum participe au sex-appeal : il va se passer quelque chose de mystérieux entre sa chimie et celle de la peau. Une alchimie qui intervient indiscutablement dans notre système de communication érotique.

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Classés X ?

La molécule miracle qui attiserait subitement les ardeurs de l’être cher n’est pas encore sur le marché. Pourtant, si l’on en croit les nez, certaines matières premières ont de réelles vertus affriolantes. Le problème est qu’elles ne sentent pas la rose ! En embuscade dans nos parfums : l’Indol, aux relents d’excréments ; la Pyridine, proche de l’odeur de sperme ; l’Aldron, et son odeur de transpiration… Alors, en attendant que de vrais parfums aux phéromones (signaux odorants émis par les animaux à des fins de séduction et de reproduction, dont on a prouvé l’existence chez l’homme) fassent leurs preuves, misez sur les notes animales (musc, civette, castoréum, ambre gris) qui renforcent l’attirance sexuelle en rappelant l’odeur de la peau pendant l’amour. Sans oublier les épices, les résines et certains accords chyprés. N’hésitez pas à imiter ces séductrices du XIXe siècle qui se parfumaient les mains pour imprégner de leur odeur la peau et les vêtements de leur amant.

A DÉCOUVRIR A lire

Les Pouvoirs de l’odeur d’Annick Le Guérer. Par une philosophe spécialiste de l’odorat, l’histoire des odeurs de l’Antiquité à nos jours (Odile Jacob, 2002).

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